DES MURMURES, DES RUISSEAUX, DU SOLEIL.

couv-top-nature-italieBonheur sensible. Lever les yeux vers l’autre, se tourner vers lui, ouvrir nos bras intérieurs . sa richesse singulière procure un bonheur profond, celui de ressentir la texture, les reliefs de l’altérité. Des murmures, des bruissements et des cris. Des ruisseaux, des gouttes et des flots. Des brumes, du soleil, des éclairs. La vie, tellement généreuse dans son impermanence. Combien nous aimons ce retour à nous-même que nous offre l’amour de l’autre ! Cette évidence qui nous saisit dans nos limites psychiques, nous plonge au coeur de nos projections mentales, et nous fait ressortir plus libre que jamais de cette rencontre, portés par des flux et des reflux de mots, de regards, de gestes, de sourires et de larmes, parfois. Accueillir une autre culture, une autre vision du monde, une autre religion, une autre musique, nous rend fort. Nous chérissons cette force qui nous anime soudain, différemment, ce choeur qui bat en nous.
C’est ainsi que nous aimons le Maroc, notre invité de ce numéro. Pour les initiatives écologiques et humanistes qui fleurissent sur son sol généreux afin de préserver un patrimoine culturel, social, et d’abîmer un peu moins la planète. Ne portons-nous pas, chacun de nous, la responsabilité de fertiliser, à notre manière et à notre échelle, la beauté du geste de l’autre et son écho symboliquement nourricier, dans le vacarme des « éléments de langage » chers à notre gouvernement qui appauvrissent chaque jour un peu plus le trésor de paix de notre civilisation ? Sa vocation irénique.
Pour la persistance, structurante et s.curisante, du lien aux autres, tous les autres, accueillons avec bienveillance les .motions qu’ils induisent en nous. Disons à notre peur, tapie dans nos cellules, notre nouvelle peur de tout en résonance avec nos très anciennes frayeurs d’enfant trop souvent réactivées, disons-lui de sortir de l’ombre, voire de l’obscurité, et de se blottir dans la chaleur du langage, du partage, de l’attention. Une sagesse toute simple qui consiste à cultiver la confiance en soi et son prolongement d’amour, de compassion. La fermeté de l’esprit, sa justesse, son ouverture, ne passent-elles pas avant tout par la solidité du discernement et de la détermination conjugués ?