DES REINES

couv-topnature-142Naturellement couronnées de sensorialité par notre choix de l’alimentation veggie, n’est-il pas temps de nous voir comme des reines ? Florale à souhait, la couverture de ce numéro de TOPNATURE invite l’été à notre table ouverte. S’il joue à cache-cache comme l’a fait le printemps, tant pis ! Pour lui. Nous régnerons et rayonnerons à sa place. Sans hésitation, avec grâce et non sans humour. Tant qu’à nous prendre pour des reines, comme des enfants qui dessinent leur royaume rêvé perchés sur une branche de cerisier au fond du jardin, cultivons la joie solaire de dérouler devant nous un tapis rouge de senteurs, de couleurs, de bonheurs végétaux. Dans notre esprit, bien plus que sous nos pieds, car nous ne voudrions surtout pas blesser les fées, exquises danseuses, qui s’inclinent au jardin, sur nos tables champêtres, partout où fleurissent les manifestations de la beauté.
Délibérement poétiques, légères, féminines comme nous l’entendons (femmes et hommes en paix avec leur féminité sont ici bienvenus), déployons une projection de nous-même positivement décalée sans accorder la moindre place aux concepts. Une nouvelle forme de plénitude qui va de soi, comme toute plénitude. Jouons à être « je » , je souveraineté, je légitimité, je sérénité, je complicité, je fluidité… Les variations de notre identité n’appartiennent qu’à nous, singulièrement, et nul besoin ne nous anime de les théoriser face aux mouvements de la nature et de ses éléments qui résonnent en nous. 
Ainsi va notre esprit nourri par une philosophie gourmande d’harmonie intérieure, au-delà des saisies de l’ego conditionné. Tourné vers le végétal, notre choix de vie détermine au quotidien nos attentes ponctuées d’impermanence. Une palpitation de feuilles d’albizia, parsemées de fleurs roses et soyeuses, un abandon de pétales odorants au pied du portail en bois de châtaigner, un lever de pleine lune au plus près d’une immense dune aquitaine… Le sentiment subtilement réconfortant d’une juste présence à l’instant couronne notre cœur comblé par la simple contemplation de notre richesse inouïe, offrande sans cesse renouvelée de la nature qui fait de nous, incontestablement, des reines.