De la hauteur

couverture-top-nature-138 Sur nos petites habitudes, fussent-elles écologiques et BiO, sur nos schémas de pensées, sur notre vision à court terme, pas plus loin que le bout de notre nez, ou bien à trop long terme… Sur à peu près tout ce qui fait notre quotidien et qui s’empresse de nous stresser sans que nous sachions vraiment pourquoi, ne conviendrait-il pas de prendre de la hauteur ?

Pierre Rabhi nous y enjoint depuis longtemps, lui qui nous compare à des colibris prenant leur part dans le grand chantier du respect de la vie et des ressources naturelles. Les colibris en question volent, rien de nouveau à cela, et pour voler, ils se situent au-dessus de la mêlée. Nous ferions bien de faire de même, un peu plus souvent, afin d’alléger le poids de nos tourments matériels. Et autres.

Prendre de la hauteur s’entend évidemment sans considération hautaine sur le reste du monde. Plutôt comme un recul qui nous décollerait de notre manière de nous agripper aux situations, aux opinions, de défendre bec et ongles des points de vue pour la bonne cause, nous en sommes persuadés, mais souvent sans véritable écoute de l’autre, en raison d’un tohu-bohu interne et, si souvent, d’un ego sur-dimensionné. 

Du moment que c’est pour la bonne cause.…
C’est bien ce que démontre Matthieu Ricard par l’image, et quelle image ! Après un demi-siècle passé dans l’Himalaya, sans rupture avec le monde ordinaire, seulement des parenthèses, le moine-philosophe-photographe-écrivain-traducteur nous donne une envie folle  de louer son ermitage, histoire d’aller prendre des couleurs en altitude. Car il a bonne mine, en plus. En attendant ces temps karmiquement improbables pour cette vie-là, nous sommes très heureux d’accueillir Matthieu dans nos pages imprégnées d’Asie et de vous transmettre ainsi un peu de sa simplicité volontaire qui fait tellement de bien !
Un demi-siècle dans l’Himalaya rythme magnifiquement notre entrée dans la saison froide et ces mois dont le gris se trouve soudain, et durablement, éclairé par la nature de l’esprit. Oui, le vôtre, d’esprit, le nôtre, celui de chacun de nous. Si nous entrouvrions la fenêtre intérieure, celle de notre sagesse – ignorée, nous en sommes d’accord, mais cependant bien présente – afin de contempler cette immensité du calme intérieur ? La surplomber, pour mieux encore l’apprécier ? Dehors, comme dedans. C’est tout ce que nous vous souhaitons afin d’entrer bientôt dans une nouvelle année avec une solide bienveillance envers vous-même.

Retrouvez les Editos de Coline Enlart sur leur site dédié !